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Reviews: Johan Asherton's Diamonds - Dig It (fr) - 2015

Chez Johan Asherton, l'écriture de chansons semble aussi naturelle que la pluie, le vent ou le soleil. Et dans un répertoire déjà cossu, la fluidité de son inspiration est une constante. ? l'égal de l'inaltérable force mélodique de ce qu'il nous donne à entendre depuis plus de vingt-cinq ans. Même quand il revient - c'est le cas ici ?? à du rock fondamental drapé d'un accompagnement nettement plus électrique. Tout à la courtoisie de Diamonds, le groupe actuellement chargé de l'accompagner. Voila donc neuf titres de plus à son actif, avec de vrais pics de bonheur. Qu'il s'agisse de "Talk of the Town", de "Ooh I Miss You" ou du très séduisant "All Your Rock'n'roll Dreams". Tous chapeautés de cette belle voix grave qui jamais ne s'emballe. Quelque part entre un Lou Reed apaisé et l'insaisissable Kevin Ayers. T.Rex, Stones ("Lonely Feelings"), John Cale et plusieurs autres peuvent évidemment servir de points indicateurs mais, dans l'esprit - et bien plus encore pour l'attitude que la musique ?? il est également à rapprocher de certains songwriters franc-tireurs US tels Chuck Prophet ou l'instinctif Ben Vaughn. Cette tribu bien trop clairsemée qui va où ça lui chante sans se préoccuper d'autre chose que de l'envie du moment. Alors, après High Lonesomes en 2010, pour la même maison, porteur du charme dépouillé d'un album d'obédience plutôt folk - auquel, ailleurs, deux ans plus tard, avait succédé le très soyeux The House Of Many Doors - voila l'infatigable Parisien de retour chez Pop The Balloon à l'occasion d'un 30 cm qui gagne en épaisseur à chaque nouvelle écoute. Construction, arrangements, production, tout est admirablement dosé et semble pesé au gramme près. Parfaite succession de morceaux sans temps morts s'achevant en beauté avec le majestueux Holy Grail, sorte d??apothéose où, comme à divers autres moments du disque, l'utilisation de choeurs féminins nous laisse bras ballants. Laissant à penser que Misses Merry Clayton ou Claudia Lennear aient pu être de la partie. Tour de force à mettre au crédit de Marie Chevalot, fille de Patrick Chevalot, producteur au rôle essentiel depuis plusieurs années. Le final envoûtant d'un disque qui l'est tout autant. Johan Asherton est unique. Ici, faute d'être éternels, les diamants sont partout.

Alain Feydri - Dig It # 63

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